PORTRAIT DE PROFESSIONNEL : QUAND L’AGRICULTURE RIME AVEC COLLECTIF, DECOUVREZ L’INTERVIEW DE JEAN-MARC FEDULLO

FEDULLO

Propulso est parti à la rencontre de Jean-Marc FEDULLO. Producteur de tomates dans le Lot-et-Garonne, il occupe également la fonction de Président de Valprim. Passionné par son métier qu’il conjugue entre bonheur familial et engagement collectif, Jean-Marc FEDULLO nous livre sa vision de la filière.

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Ma formation de base n’était pas agricole. Après avoir passé un bac S, je décidais de rejoindre l’entreprise familiale. J’avais 18 ans et nous avions 6000m² de serres à Bias (47). Le projet était de me faire la main sur cette structure pendant un an et de monter 6000m² sur Casseneuil (47) étant donné qu’à Bias nous n’avions plus de place. Puis, nous nous sommes vite rendu compte qu’il valait mieux réunir les deux sites. Par conséquent, l’année suivante, nous avons déménagé le bloc de serre de Bias pour prendre la direction de Casseneuil. 6000m² de plus ont suivi l’année suivante.

Pendant quelques années nous avons plutôt travaillé sur l’énergie avec chaudière à paille, puis chaudière à bois. C’est en 2009 qu’un vrai virage s’est opéré avec notre adhésion à la coopérative Valprim (groupe Rougeline) et la construction d’un ha de serres, suivis en 2012 de 3 ha supplémentaires. En parallèle, je suis entré au conseil d’administration de Valprim en 2010, puis me voyais confier la présidence en 2015.

 

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur votre exploitation ?

Je suis associé avec mes parents sur l’exploitation qui compte 4ha de serres verres fermées et 2ha de DPG. Nous produisons sous certification Tomate de France, Global Gap et Ecoserre. Nos plantations s’échelonnent de novembre à décembre pour une production de février à octobre. Nous produisons des tomates cocktails en grappe mais surtout, nous nous sommes spécialisés depuis plusieurs années sur les vieilles variétés type Cœur de bœuf, Marmande, Ananas et Noire de Crimée.

 

Pourquoi aimez-vous votre métier ? Que vous apporte-t-il au quotidien ?

J’aime mon métier pour bien des aspects qui malheureusement ne sont pas souvent attribués à l’agriculture…

Pour sa technicité, en effet la conduite du climat et de l’irrigation ont une action directe sur les plantes. Les ordinateurs de pilotage de la serre sont des outils puissant de précision et de retour d’information, mais ne feront jamais plus que ce que nous leur demandons, donc à nous de répondre au mieux aux besoins de la plante.

Pour la veille et l’innovation, tant au niveau matériel que cultural. Face aux défis des attentes sociétales, il nous appartient de nous adapter et d’être toujours proactif.

Mais aussi pour son côté humain, tant au niveau des hommes qui travaillent avec moi sur l’exploitation qu’au niveau des échanges et de l’entraide qui existent entre producteurs dans nos coopératives.

 

Vous nous avez expliqué que vous étiez Président de Valprim depuis 2015. Qu’est-ce que Valprim ? Quel sens a cet engagement pour vous ?

Notre coopérative, Valprim, compte 49 producteurs pour 56ha couverts. Nous commercialisons principalement des tomates et des fraises, mais aussi de la salade et des légumes ratatouille. Valprim représente pour moi l’extension de nos exploitations. Elle permet de mettre en œuvre des moyens mutualisés, des actions que seul, nous ne pourrions pas envisager comme la mise en place d’atelier de conditionnement, l’aide de techniciens spécialisés, les achats groupés, mais aussi le conseil stratégique, la veille variétale et technologique… De plus, nous faisons partie du groupe Rougeline, agrandissant ainsi notre famille coopérative, nous permettant de peser sur le marché et de défendre au mieux la valeur de nos produits.

Mon engagement au sein de Valprim s’est fait naturellement. Nous n’appartenons pas à une coopérative, c’est elle qui nous appartient. Le conseil d’administration, composé d’agriculteurs, fixe les orientations et c’est naturellement que j’ai voulu apporter ma pierre à cet édifice.

 

Nous pouvons observer depuis quelques temps un ralentissement de l’engagement des professionnels dans les structures porteuses d’actions et/ou de projets collaboratifs. Comment interprétez-vous le délaissement du faire-ensemble ?

Il est vrai qu’il est difficile de mobiliser. Depuis un certain temps maintenant, l’agriculture est victime d’un acharnement médiatique intense et d’un dénigrement complet au niveau de la politique nationale. Ajoutons à cela des années de plus en plus difficiles économiquement et une visibilité quasiment nulle sur les prochaines années et vous comprendrez le pourquoi de la démobilisation. Un sentiment d’injustice taraude nos campagnes poussant la profession vers un repli sur soi compréhensible.

Malgré ces difficultés, il faut continuer à se défendre et il n’y a que le collectif qui permet de se faire entendre à l’image de notre combat pour le TO-DE. Passer quelques heures en dehors de son exploitation pour participer à des actions collectives prend du temps mais permet de se faire entendre et de défendre ses idées. De plus, échanger avec des collègues nous enrichit et l’on repart toujours avec quelque chose.

 

Quelle vision avez-vous de la filière fruits & légumes de Nouvelle-Aquitaine ? Quels sont selon vous les grands défis qui attendent les producteurs et les entreprises?

La filière fruits et légume de Nouvelle-Aquitaine est une filière d’excellence. Nous sommes la plus importante région agricole de France & d’Europe et notre agriculture est la plus saine du monde. ON NE LE DIT PAS ASSEZ ! Politiquement la région Nouvelle-Aquitaine nous soutient et nous aide. A mon sens, les grands défis de demain sont la recherche & le développement, la communication vers le grand public pour parler davantage de nous & de nos pratiques et continuer à évoluer comme nous l’avons toujours fait.

 

Depuis de nombreuses années vous êtes présent au sein de Propulso comme producteur et comme adhérent via VALPRIM, pouvez-vous expliquer les raisons de votre engagement au sein de Propulso ? Qu’est-ce que Propulso vous apporte à vous professionnel et à la filière de manière générale ?

Au travers de ses diverses boites à outil, Propulso agit au développement de la filière. Agri Abri Aquitaine permet l’émergence de projets et l’installation de jeunes. L’organisation de rencontres stimule les échanges et apporte des informations importantes aux producteurs.

Plus que jamais, il faut communiquer, expliquer et pour cela il faut se rassembler. Propulso permet de fédérer la filière fruits & légumes dans notre région et ainsi de nous faire entendre.